Qui suis-je ?
Ma vie ressemble à une charade.
Mon premier s’appelle « réfugié » dans sa patrie et sur sa terre.
Mon deuxième cherche son identité dans les diasporas et les exils.
Mon troisième a un rendez-vous chaque jour dans un deuil ou des funérailles.
Mon quatrième est un enfant privé de son enfance. Un enfant qui attend les premières lueurs de l’aube pour éclairer l’obscurité de ses nuits.
Mon cinquième perd presque tout et il survit.
Mon sixième n’a pas la moindre garantie qu’il ne sera pas un jour le titulaire « d’un citoyen sans abri ».
Mon septième est un prisonnier qui demande le secours et le geôlier n’entend que le silence du monde.
Mon huitième découvre que le bonheur devient intrus dans sa vie parmi la misère et la souffrance qu’il vit.
Mon neuvième, celui qui le tyran pille sa terre, son héritage pour construire le mur injuste.
Mon dixième, ses larmes ne sèchent pas et ses peines ne cessent jamais.
Mon onzième attend le jour d’être libre dans son propre Etat.
Et mon tout attend l’inconnu.
Savez-vous qui je suis ?
Je suis « palestinien ».
La solution de cette charade parait facile… c’est vrai.
Mais la solution pour un palestinien a besoin d’un miracle pour qu’elle soit réalisée.